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Défenseurs Plus invite les autorités étatiques haïtiennes à prendre des mesures drastiques en vue de combattre la corruption

La corruption est l’un des problèmes majeurs qui empêche le développement socio-économique du pays. C’est un phénomène dangereux et néfaste qui génère la misère et l’instabilité au sein des institutions tant étatiques que privées. Le Collectif Défenseurs Plus estime que l’obligation est faite  à tous les acteurs de la vie nationale de trouver une formule pour enrayer ce handicap réel. En cette journée internationale de lutte contre la corruption du 9 décembre, le Collectif Défenseurs Plus veut attirer une fois de plus, l’attention des responsables des trois pouvoirs de l’Etat, les acteurs de la société civile et les citoyens en général que la corruption représente l’un des problèmes majeurs du pays. La pauvreté est la marque de la corruption et l’impunité incessante que connaît le pays. La corruption est le détournement à des fins privés d’un pouvoir confié en délégation à en croire le mouvement Transparency International. L’impunité, pour sa part, désigne l’absence de sanction…selon Gilberte Desboivieux dans son ouvrage « Impunité de fait, impunité de droit ».

Défenseurs Plus dénonce le manque de velléité chez les dirigeants actuels qui ne manœuvrent pas suffisamment leur effort pour lutter contre la corruption. C’est avec tristesse que l’organisme de promotion et de défense des droits humains constate les diverses dénonciations et soupçons qui pèsent sur bon nombre de nos élus et fonctionnaires. À l’heure actuelle, Haïti fait face à une précarité économique éclatante, une vulnérabilité sociale criante. Les villes et les zones rurales du pays sont laissées à elles-mêmes, dépourvues de tout. L’absence des besoins sociaux de base, les enfants qui trainent dans les rues au lieu d’être en salle de classe, le chômage étonnant sont tous liés à la corruption.

Conformément à la Convention des Nations Unies contre la corruption du 31 octobre 2003  ratifié par Haïti le 14 septembre 2009, la Convention Interaméricaine contre la corruption du 17 octobre 1997 et la loi portant sur la prévention et la répression de la corruption du 12 mars 2014, Défenseurs Plus invite les autorités des trois pouvoirs de l’Etat à prendre des mesures essentielles pour prévenir et sanctionner cette pratique néfaste qui gangrène le pays afin de mettre fin à l’impunité institutionnalisée au niveau de la société.

La Convention des Nations Unies contre la corruption dans son art 5-1, stipule que : «Chaque Etat parti élabore et applique ou poursuit, conformément aux principes fondamentaux de son système juridique, des politiques de prévention de la corruption efficaces et coordonnées qui favorisent la participation de la société et reflètent les principes d’état de droit, de bonne gestion des affaires publiques et des biens publics, d’intégrité, de transparence et de responsabilité ».

Défenseurs Plus exhorte tous les responsables des secteurs public et privé à prendre distance à cette pratique. Car, le fait d’être complice de la corruption fait de vous également des corrupteurs. Il profite de l’occasion pour renouveler sa solidarité au peuple haïtien qui manifeste dans les rues pour combattre l’impunité sur toutes ses formes en demandant la reddition des comptes sur l’affaire du fonds Petrocaribe. L’organisation met en garde les pouvoirs exécutif et législatif contre tout acte de représailles à l’endroit des citoyens et citoyennes qui réclament des explications sur ce fonds.

Défenseurs Plus exige les autorités politiques à mettre à la disposition des institutions compétentes plus de moyens afin de faciliter leur travail pour qu’un procès juste et équitable dans le cadre de ce dossier de corruption soit entamé.  Il invite les citoyens et citoyennes à rester mobiliser dans les rues afin d’éviter que  le dossier petrocaribe  ne soit pas arrêté en chemin où on pourrait assister à une parodie de justice et à la pérennisation de l’impunité dans ce pays.

 

Port-au-Prince, le 7 décembre 2018

 

 

Jemps Deralus

Chargé de l’Assistance juridique

Antonal MORTIME

Co-Directeur

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