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Défenseurs Plus appelle les autorités à prioriser la résolution de l’insécurité chronique à laquelle fait face la population haïtienne

Le Collectif Défenseurs Plus continue de constater avec regret une multiplication des actes d’insécurité durant ces derniers mois dans la zone métropolitaine et dans certaines villes de provinces. Tandis qu’Haïti fait face à une grave crise institutionnelle : avec un parlement dysfonctionnel, un exécutif amputé de son Président à la suite de l’assassinat crapuleux de Monsieur Jovenel MOISE, le 7 juillet 2021, un pouvoir judicaire paralysé et amputé de son Président, à la suite du décès par la maladie de Maitre René SYLVESTRE, au mois de juin dernier. Ces vides institutionnels et des pouvoirs de l’État arrivent à un moment où la Police Nationale d’Haïti est incapable de protéger les vies et les biens de la population. Depuis plus de trois ans, le pays vit sous les menaces constantes des groupes armés et des appels à la haine et la violence de toutes sortes.
Si l’essentiel des informations diffusées dans les médias est tourné, depuis le 7 juillet 2021, autour du dossier de l’assassinat du Président haïtien, Monsieur Jovenel Moïse, et les initiatives des acteurs nationaux et internationaux pour mette en place un nouveau gouvernement, il n’en demeure pas moins que la situation sécuritaire du pays reste préoccupante. L’insécurité continue d’affecter le quotidien de la population en générale, des citoyens et citoyennes vivant dans des bidon villes et quartiers populaires en particulier.
En effet, depuis des mois, plusieurs personnes ont été victimes de la violence des gangs armés : des gens continuent d’être tués à Martissant et les cas de kidnapping persistent dans différentes régions du territoire. Citons entre autres le cas de cette jeune étudiante qui a été enlevée à son domicile à Bon repos,  celui de l’enlèvement du journaliste sportif Frantz Paul et trois (3) autres personnes dont son frère et sa femme, sur le tronçon de route entre Gros morne (Artibonite) et Bassin Bleu (Nord’Ouest). De surcroit, des agents de la Police Nationale d´Haïti (PNH) sont tués, tandis que les groupes armés s contrôlent plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince et autres régions du pays. Cette vague d’insécurité touche toutes les couches de la société. Des personnes physiques aux personnes morales, nul est l’abri.
Ainsi, le Collectif Défenseurs Plus déplore les deux (2) attaques sur son local en l’espace de neuf (9) mois. Ces états de fait constituent des freins au bon déroulement de son travail, mais, les défenseurs des droits humains membres de son équipe ne comptent pas céder à la panique et aux menaces dont ils sont l’objet depuis environs 12 mois. Défenseurs Plus invite les autorités étatiques à garantir la sécurité des vies et des biens, comme le dispose la Constitution haïtienne de 1987.
Une fois de plus, Défenseurs Plus rappelle aux autorités que cette situation d’insécurité généralisée a trop duré. Elle a occasionné plusieurs massacres dans les quartiers défavorisés, un nombre incalculable d’assassinats de citoyens et citoyennes, des enlèvements spectaculaires suivis de séquestrations contre rançons, et en dernier ressort, l’assassinat du premier citoyen de la nation lequel était le principal responsable de la sécurité de ses compatriotes.
Défenseurs Plus croit que la sécurité nationale doit être la priorité des acteurs politiques et ceux de la société civile. Le gouvernement en place doit trouver un moyen consensuel pour redresser les institutions du pays, qui ont été minées par les différents dirigeants (des responsables d’État) qui se sont succédés durant les 10 dernières années, notamment l’institution policière. Cette dernière (la PNH), devant assurer la protection des vies et des biens des citoyens et citoyennes du pays, est traversée par une crise aigüe où même ses membres ne sont pas protégés. Qui pis est, l’assassinat du premier citoyen du pays, pourrait contribuer à fragiliser davantage l’institution policière qui était chargée de garantir la sécurité du Président de la République et les membres de sa famille. Cela pourrait conduire à son effondrement, tel que cela s’est produit avec l’armée d’Haïti en 1995.
La solution à cette crise d’insécurité chronique doit passer par la résolution de la crise politique et institutionnelle que confronte le pays. Cela dit, les acteurs en place doivent dépasser leur orgueil et leurs intérêts particuliers en vue d’une restructuration totale de l’État haïtien, qui sans nul doute, est en plein effondrement. Seule une implication des citoyens et des citoyennes responsables pourrait contribuer à redresser la barque nationale car, la participation aux affaires politiques est un droit humain fondamental.

Fait à Port-au-Prince, le 29 juillet 2021

Chaïna ÉTIENNE
Responsable Assistance Légale
509 38 92 7055

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