Le collectif Défenseurs Plus prend acte de la nomination du nouveau chef du gouvernement et fait des propositions aux nouveaux dirigeants de la République

Le collectif Défenseurs Plus prend acte de la nomination de Monsieur Garry CONILLE, comme chef du gouvernement de la République, par le Conseil Présidentiel de Transition. Cette nomination arrive dans un contexte économique et sociopolitique extrêmement polarisé où les attentes de la population haïtienne sont nombreuses. Les conditions de sécurité, le redressement économique et la normalité institutionnelle sont les principales préoccupations de nos concitoyennes et concitoyens. En dépit de la situation d’irrégularités qui caractérise tant le Conseil présidentiel de transition que son gouvernement, le collectif Défenseurs Plus croit qu’il est important de suggérer des priorités aux nouvelles autorités du pays.
Considérant les attentes légitimes de la population haïtienne, en sa qualité d’organisme des droits humains, constitué de citoyens et de citoyennes engagés-es, le collectif Défenseurs Plus recommande les axes prioritaires suivants à la nouvelle équipe dirigeante :

1. La restauration de l’autorité de l’État et l’amélioration des conditions sécuritaires du pays. La population haïtienne ici et ailleurs attend du gouvernement de transition qu’il travaille efficacement à rétablir l’ordre etv la sécurité dans le pays, confronté à des niveaux élevés de violence, d’insécurité et de criminalité généralisée. Ce qui entraine des violations systématiques des droits humains, notamment le droit à la vie, le droit à la protection et à la libre circulation.

2. La gestion efficace des crises humanitaires provoquées par les violences et l’inaction du gouvernement de l’ex-premier Ministre Ariel HENRI. Il y a au moins quatre cent mille personnes sans logements qui doivent trouver l’accompagnement du gouvernement haïtien pour se loger dignement. Les cinq millions de personnes qui meurent de faim doivent pouvoir se nourrir au nom du droit à l’alimentation garanti par les lois haïtiennes et les conventions internationalement reconnues. De plus, les hôpitaux doivent reprendre leur fonctionnement en toute quiétude afin de prodiguer des soins nécessaires aux malades. Il est également crucial que les nouveaux dirigeants du pays coordonnent une réponse humanitaire efficace et gère les aides internationales ainsi que le budget de la République de façon transparente, efficiente et efficace.

3. Des mesures pour l’amélioration des conditions économiques de la population : Dans une situation de pauvreté généralisée et de défis économiques énormes, le premier ministre Garry CONILLE est invité à mettre en place des politiques favorisant la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Une attention particulière doit être accordée aux habitants des quartiers populaires, des bas de la ville de Port au Prince et de Delmas et dans les sections rurales dans le cadre de la relance des activités économiques et de lutte contre l’extrême pauvreté en Haïti.

4. La nécessité d’entamer une réforme de la gouvernance publique : Il est attendu que le gouvernement engage des réformes au sein de l’administration publique pour lutter contre la corruption et pour renforcer les institutions politiques et judiciaires du pays. Ces réformes institutionnelles doivent s’appuyer sur une approche basée sur les droits humains et la bonne gouvernance du pays où les institutions publiques sont aux services de la population de manière inclusive.

5. La mise en place des mécanismes d’enquêtes et de plaintes pour rendre justice aux victimes et indemniser leur famille. Le collectif Défenseurs Plus encourage l’institutionnalisation d’une commission de justice et de réparation pour les victimes d’assassinat, de viol, de pillage et d’incendie dans le pays en général et, en particulier, dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite durant les 5 dernières années. Ces mécanismes doivent permettre de faire avancer les dossiers judiciaires des cas d’assassinat les plus emblématiques, dont celui du Président Jovenel MOISE en juillet 2021 et du Bâtonnier Monférieur DORVAL, en août 2020.

6. La mise en branle de la machine électorale et l’organisation des élections crédibles dans un délai raisonnable : La République d’Haïti doit avancer vers la stabilisation politique et institutionnelle dans le respect de sa souveraineté et de son droit à l’autodétermination. Il est attendu du gouvernement et du conseil présidentiel, l’organisation des élections libres et inclusives afin de revenir à l’ordre démocratique et constitutionnel en Haïti. En effet, depuis l’assassinat du président Jovenel MOISE, le pays ne connait que des dirigeants de facto, sans légitimité. Et depuis lors, les violences armées sont renforcées, mettant en danger la vie de tout un chacun.

7. L’établissement de relations constructives et autonomes avec la communauté internationale. La nouvelle équipe dirigeante doit établir des bases pour des relations plus constructives avec les instances de la communauté internationale et les autres pays dans le respect de la souveraineté d’Haïti. Il est attendu du premier ministre Garry CONILLE et du président du Conseil Présidentiel, Monsieur Edgard LEBLANC FILS, de maintenir des relations positives avec les Nations unies, l’Organisation des États américains, de la Communauté caraïbéenne (CARICOM), pour un soutien à la gouvernance démocratique et des investissements nécessaires à la reconstruction du pays.

Fait à Port-au-Prince, le 31 mai 2024

 

Deverson Frimens DUVAL

Responsable de Communication et de plaidoyer

Collectif Défenseurs Plus

Téléphone : +509 3716 3526 / 3223 6116

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