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Le Collectif Défenseurs Plus recommande des solutions viables à la crise qui secoue la Police Nationale d’Haïti (PNH)

Depuis environ deux ans (à partir de novembre 2019), des groupes s’organisent à l’intérieur de l’institution policière pour revendiquer de meilleures conditions de travail auxquelles ont droit les agents de l’ordre. Depuis, la Police Nationale d’Haïti (PNH) ne cesse de connaitre des moments de turbulences et de bouleversements qui accentuent sa fragilisation.  Les derniers événements engendrés par l’échec de l’opération tenue au Village de Dieu le 12 mars 2021, laquelle a occasionné la mort d’au moins 4 agents, ont aggravé les conflits internes au sein de l’institution policière. Face à cette situation, le haut commandement de la PNH prend des mesures qui semblent inefficaces et inadéquates.  Alors que l’insécurité continue de s’étendre sur le territoire national, il priorise une approche qui concourt à attiser les conflits au sein de l’institution, en lieu et place du dialogue interne en vue du redressement de cette dernière.

Convaincu de la place prépondérante de la Police Nationale d’Haïti dans le maintien de la sécurité dans le pays, Défenseurs Plus croit que le Haut état-major de la police devrait s’écarter des agissements politiques afin de rétablir l’ordre dans l’institution. Pour cela, des mesures et des décisions doivent être prises dans le plus bref délai pour sanctionner les policiers fautifs et améliorer les conditions de travail de tous les agents et fonctionnaires de l’institution. En effet, plusieurs problèmes que confrontent des agents nécessitent des mesures adéquates en toute urgence. Telles que :

  • En supposant que l’échec d’une opération de police ne saurait être imputable à une seule personne. D’autres personnes doivent être mises en cause à côté de l’inspecteur général Carl Henry Boucher en vue de faire la lumière sur ce dossier ;
  • Beaucoup de policiers sont arrêtés et mis en isolement et ne sachent même pas le motif de leur détention. D’autres se trouvent en isolement alors qu’ils sont malades et nécessitent urgemment des soins de santé. Des décisions administratives ou/et judiciares doivent être prises dans un délai raisonnable ;
  • L’inspection générale de la Police devrait se prononcer sur le cas des policiers libérés par le groupe « Fantom 509 » ;
  • Il faudrait aussi résoudre définitivement le problème posé par le groupe « Fantom 509 » avec professionnalisme, dans le respect de la loi, tout en répondant aux aspirations des policiers. Ceux qui ont été à la base de la création de ce groupe ;
  • Des avis de recherche et des mandats sont lancés à l’encontre de certains policiers à tort ou à raison et d’autres sont victimes d’arrestations illégales et détenus dans des mauvaises conditions. Les droits fondamentaux des policiers doivent être respectés ;
  • Des policiers sont révoqués de l’institution policière avec aucune obligation de rendre les matériels (armes – uniforme – etc…). Le haut commandement de la PNH doit veiller à ce que les matériels de l’institution ne soient utilisés librement sans aucun contrôle ;
  • Des uniformes de la PNH et d’autres matériels sont en possession d’autres individus qui les utilisent à des fins illicites. Le Conseil Supérieur de la Police Nationale d’Haïti doit trouver des stratégies pour identifier les policiers des imposteurs ;
  • Des policiers du SPNH-17 sont traqués à côté des bandits connus en liberté sans aucunes preuves prouvant leur culpabilité. Des policiers réellement fautifs d’une infraction doivent être punis car personne n’est au-dessus de la loi. Parallèlement, les personnes illégalement armées semant le deuil et la peur sur le territoire national doivent subir le même sort. Ainsi, la population pourra-t-elle regagner confiance dans l’institution policière ?

Ce genre de comportements, y compris les mauvais traitements des Hauts gradés de la Police Nationale d’Haïti face aux policiers ne font que salir l’image de l’administration publique et concourent à leurs déclins et ne font qu’augmenter la méfiance de la population par rapport aux institutions étatiques.

Défenseurs Plus exhorte les autorités étatiques à se mettre à la hauteur des hommes et des femmes d’État en vue de répondre aux revendications légitimes des policiers/cières. Et, traduire en justice tout contrevenant à la loi et d’éviter les abus d’autorité au sein de l’institution policière. Défenseurs Plus invite également les autorités à traquer les groupes armés illégales notoirement reconnus afin de permettre à la population de vivre dans la paix, tout en évitant de promouvoir de nouvelles crises inutiles qui pourraient paralyser le bon fonctionnement de l’institution.

 

 

 

Port-au-Prince, le 31 mars 2021

 

                                                                                                                                           Antonal MORTIME

Co-directeur

 

           

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