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Le Collectif Défenseurs Plus s’inquiète pour la sécurité des femmes et des filles en Haïti dans la situation de crise sociopolitique

Le Collectif Défenseurs Plus apprend avec regret le flot de femmes et de filles victimes de l’insécurité et des actes de criminalité dans le pays durant les trois (3) derniers mois (septembre, octobre, novembre 2019). Elles sont violées quotidiennement dans plusieurs zones du pays, dans la prison civile des Gonaïves et dans un commissariat dans la Grand ’Anse. Le viol étant un crime, il ne devrait pas être sous-estimé par les autorités gouvernementales et judiciaires. Conformément aux articles 278 à 280 du code pénal haïtien, la peine prévue doit-être appliquée pour chaque cas de viol afin de protéger les femmes et les filles vivant sur le territoire national, sans distinction aucune. L’application de ces peines pourrait décourager les criminels potentiels.
Par ailleurs, Défenseurs Plus continue de dénoncer l’idée que des femmes se trouvent détenues dans la même prison que des hommes. Ce cas de figure est représenté dans plusieurs juridictions du pays, faute de dispositions administratives de la part du gouvernement de la République. Il y en est de même pour certaines policières qui auraient été victimes de viol et de violences de genres faute de dortoirs spécifiques dans certains commissariats de police. Se trouvant dans le même bâtiment, les cas de viol collectif se répéteront à chaque occasion similaire à celle qui a eu lieu dans la Prison Civile des Gonaïves, le 7 novembre 2019. Il est important de signaler que pour tout le pays, seule la prison civile de Cabaret a été construite pour accueillir des femmes détenues et ce, sans les normes standards d’infrastructures. Tout ceci va à l’encontre des règlements internes des établissements pénitentiaires qui existent depuis mai 1999 qu’exigent la séparation des détenus hommes des femmes, des mineurs des adultes et des condamnés des prévenus. Cette pratique est aussi contraire à l’ensemble des règles minima pour le traitement des détenus adopté par le premier congrès des Nations-Unies, tenu à Genève en 1955. De plus, la Constitution haïtienne a précisé dans son article 44.1 « Le régime des prisons doit répondre aux normes attachées au respect de la dignité humaine selon la loi sur la matière ».
Il est à noter que, les femmes et les filles sont aussi touchées d’une autre façon des conséquences de l’insécurité surgissant en particulier de la crise sociopolitique. En ce sens, Défenseurs Plus apprend les cas de viol qui se répètent dans plusieurs communes du pays comme à Port-au-Prince (La Saline), à Cabaret (Canaan 70), Carrefour (Mariani) et dans d’autres quartiers populaires de la région métropolitaine de la Capitale. Avec la situation chaotique dans laquelle se trouve la population haïtienne, les gangs armés ont profité pour se multiplier et agissent en toute impunité et quiétude sous le regard passif des autorités étatiques. Ces individus ayant obtenu des pouvoirs par l’absence des autorités étatiques et l’augmentation des armes illégales qui circulent sur le territoire haïtien, ils profitent pour s’acharner sur les femmes et les filles en commettant des crimes sexuels à leur encontre.
Le Collectif Défenseurs Plus dénonce encore une fois la faiblesse des autorités étatiques du pays, leur négligence face aux femmes et filles livrées à elles-mêmes et leur mépris face aux difficultés de la population en générale dans cette conjoncture de crise sociopolitique. Il dénonce également, le comportement passif des autorités étatiques chargées de protection et de promotion des droits humains dont l’Office de la Protection du Citoyen (OPC) et l’Institut du Bien Etre Social et de Recherches (IBESR) qui rentrent dans un silence absolu devant la scène de violences contre les femmes et les filles, ainsi que des violations systématiques des droits humains dans le pays.
Défenseurs Plus rappelle aux autorités étatiques que la sécurité de toute la population haïtienne, spécialement celle des femmes et des filles qui ne cessent d’être victimes de toutes sortes de violences et de violations des droits humains, incombe de leurs obligations. Il leur rappelle également que l’Etat haïtien a des obligations de faire appliquer les prescrits de la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre la femme.

Port-au-Prince, 15 Novembre 2019

Chaïna ETIENNE
Responsable Assistance Légale
509 3892-70-55

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